Guinée-Bissau 2025. Cartographie géoréférencée de 3 359 agents de santé communautaire

En décembre 2025, le ministère de la Santé publique de Guinée-Bissau a publié le rapport final de la cartographie géoréférencée des agents de santé communautaire (ASC), réalisée par la Direction des services de santé communautaire et de la médecine traditionnelle avec l’assistance technique d’ICHESS à toutes les étapes : conception, analyse et mise en forme du rapport.
Un recensement national de 3 359 ASC
- 3 359 ASC actifs recensés dans les 11 régions sanitaires, dont 99 % géolocalisés et rattachés à leur centre de santé de référence
- Collecte numérique par 285 enquêteurs et superviseurs sur 30 jours, avec contrôles quotidiens et validation GPS stricte
- Analyse SIG pour produire des cartes de densité et d’accessibilité et des ratios population/ASC
Principaux résultats
- Quatre régions (SAB, Gabú, Bafatá, Oio) regroupent 64,2 % des ASC ; les ratios vont d’environ 1 ASC pour 950 habitants à Bissau (SAB) à 1 pour 1 700 à Bolama.
- Environ 18 % des ASC travaillent à plus de 12 km de leur centre de santé, ce qui rend la supervision, l’approvisionnement et la référence coûteux et irréguliers.
- Le réseau est masculin à environ 80 % ; les femmes représentent 2 % des ASC à Tombali et 7 % à Oio, mais 48 % au SAB. L’âge moyen est de 39 ans.
- 91 % ont reçu une formation initiale et 91 % une formation continue récente, et 87 % déclarent une supervision régulière ; mais seuls 68 % transmettent des rapports réguliers, 35 % signalent des ruptures de stock fréquentes et 75 % stockent les intrants à domicile.
- 99 % possèdent un téléphone mobile et environ 65 % un smartphone, une opportunité pour le rapportage numérique et la e-supervision.
- Les primes restent hétérogènes et largement dépendantes des financements extérieurs, ce qui fragilise la motivation et la rétention.
Les recommandations portent sur le redéploiement et le recrutement ciblés dans les régions sous-couvertes (Bolama, Bijagós, Quinara, Tombali, certaines zones de Farim et de Gabú), une stratégie de féminisation progressive, un paquet minimal de formation continue (gestion des stocks, rapportage, outils numériques), une supervision et une logistique appuyées par les données géospatiales, un plan de financement pluriannuel avec une contribution nationale croissante, et la digitalisation progressive du rapportage, de la supervision et de la formation.
Ces résultats orientent aujourd’hui la cartographie géoréférencée des tradipraticiens lancée en 2026.
